Il y a tout juste quarante ans, je rendais visite à ma cousine Paulette qui réside à Londres. J'avais 13 ans et très peu d'argent de poche. Juste de quoi m'acheter mon premier 33 tours. J'avais vu l'année précédente, sur le poste de télé noir et blanc familial, la seule émission musicale pour adolescent, "Age tendre et tête de bois", animée par le joueur d'harmonica Albert Reisner. Et là, parmi une floppée de chansons commerciales dont nous étions abreuvés, surgirent cinq énergumènes atypiques, des martiens dans un univers pré-formaté: les Rolling Stones. Ils chantaient "Satisfaction", certainement filmés à "Ready, steady, go". Ce fut l'électrochoc. Il n'y avait pas à l'époque le robinet médiatique d'aujourd'hui et c'était un moment rare pour un gamin boutonneux n'ayant à se mettre sous l'oreille que des Sheila, Claude François et autre Henri Salvador.

Donc, accompagné dans le "swiming London" par Paulette, non pas à bicyclette, mais dans sa Fiat 500, volant à droite, elle me dépose chez un disquaire. "Betweens the buttons" venait de sortir et je ne sais pourquoi, mon choix se porta sur "Aftermath", sorti un an auparavant. Cette galette noire fut mon départ dans cette grande aventure musicale, une chasse au trésor perpétuelle vers de nouveaux horizons artistiques.