Ernest Pignon Ernest écrit dans la préface du catalogue consacré à la nouvelle exposition de Léonard Léoni, je cite: " On connaît cette question d'un enfant à un sculpteur:"comment tu savais qu'il y avait un cheval dans cette pierre?". Léoni sait que sous le noir profond de ces cartons, il y a, enfoui, un alphabet d'images. Mi-alchimiste mi-bricoleur, il gratte, incise, griffe, comme accomplissant un rite, et fait apparaître un monde singulier". C'était donc, hier soir le vernissage de Léonard où ce "monde singulier" est enfin mis en lumière. Je ne le fâcherai pas en disant que notre ami septuagénaire (né à la Ruche!) laisse flotter au dessus de son œuvre une âme d'enfant, souvent poète inavoué mais aussi garnement inspiré lâchant quelques pétards ironiques à la face de la réalité quotidienne qui nous englobe. Il suffit de voir son visage de gamin barbu (dont le rire résonne dans toute la Ruche) pour comprendre la très fine distance qui sépare ce sourire à l'interrogation devant les turpitudes de ce monde que semble poser l'animal paré de mosaïque.

Comme le décrit Ernest, Léonard "travaille aujourd'hui des cartons noirs". De cette matière d'une banalité apparente, vouée à une mise en poubelle directe, voire, au mieux, au stockage des photos argentiques, lui, fait apparaître des univers où la stylisation typée n'aurait pas déplue à un Calder, par exemple.

De ces cartons "grattés" à la sculpture recouverte de mosaïque, il n'y a qu'un pas. Le souci de la forme épurée, même si elle se pare de ces pierres colorées, est toujours présent.

Et, décidément, la Ruche s'installe partout, incontournable.

Le trio de mosaïstes de choc qu'il formait avec Mélano et Guardigli à la Ruche lui ont permis de réaliser des œuvres murales pour Braque, Chagall, Léger, entre autres.

Ernest évoque, dans le catalogue, "les pixels polychromes" de la mosaïque "en 3D" avec ces sculptures. Bonne piste!

Non content de gratter ses cartons et de réaliser ses sculptures, il a aussi fixé dans le métal sa panoplie animalière mais aussi ces scènes de bistrot où l'on trinque à plusieurs, en couple ou en solitaire. On trinque, bien sur, dans les deux sens du mot.


Dépêchez vous, ça ne dure pas longtemps! Exposition jusqu'au 29 novembre à la Galerie Pierre-François Garcier. 50 rue Laborde. 75008. Paris. Tél: 06 64 24 63 42.
Les commentaires du blog sont fermés: laissez vos commentaires sur: contact@lagautriere.com